Numéro automne — novembre 2005
L’exploration paléoclimatique permet de prévoir les futurs

Le réchauffement de la planète a beau être un sujet brûlant d’actualité, l’opinion des médias ou du grand public sur cette question n’émeut aucunement le météorologiste Konrad Gajewski. Ce chercheur consciencieux et dévoué est entièrement tourné vers le parachèvement de l’analyse méthodique de données recueillies pendant des dizaines d’années – qui se trouvent d’ailleurs dans des dossiers bien empilés sur son bureau.
Paléoclimatologue convaincu, le professeur Gajewski est persuadé que la clef pour comprendre les changements climatiques actuels – et à venir –est de remonter le cours du temps en étudiant les végétaux et les organismes profondément enfouis dans les sédiments lacustres de l’Arctique, là où les preuves d’un important réchauffement sont légion.
Après bientôt quinze ans passés à manipuler ce genre de données provenant des régions éloignées et souvent rudes des îles arctiques canadiennes, M. Gajewski peut dorénavant accélérer le rythme de ses analyses microscopiques, grâce à une bourse de 265 700 $ de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA). Cette bourse servira également à appuyer les étudiants qui explorent des variables du climat arctique remontant à l’ère glaciaire.
« Nous espérons que les trois années qui seront nécessaires pour analyser nos données feront progresser de façon spectaculaire notre compréhension de l’Arctique », affirme le chercheur. « L’Arctique semble amplifier les changements climatiques. Au cours des prochaines années, c’est là que les plus grands changements climatiques se produiront. »
S’il espère que la quantification des données paléoclimatiques viendra appuyer ses dires, le professeur Gajewski sait d’ores et déjà que des changements importants se sont produits au siècle dernier. Un examen plus approfondi permettra de déterminer quelle est la nature de ces changements, avec quelle rapidité les organismes s’y adaptent et si toute la région arctique est touchée.
Depuis le début des années 90, le FCSCA a fourni un soutien financier de plusieurs millions de dollars à une équipe canadienne multidisciplinaire qui mène des recherches dans ce domaine – équipe qui comprend Gajewski et le Laboratoire de paléoclimatologie et de climatologie de l’Université d’Ottawa.
« Les océanographes, modélisateurs en climatologie, modélisateurs d’écosystèmes, glaciologues, paléoclimatologues et autres spécialistes des sciences de la terre s’emploient à étudier de près les systèmes climatiques », explique Gajewski. « Nous mettons l’accent sur les climats polaires, la région la plus affectée par le réchauffement dû à l’effet de serre. »
« Je suis convaincu que notre projet nous procurera une meilleure compréhension des changements climatiques survenus au cours des 20 000 dernières années. »
Liens connexes
- Page Web de Konrad Gajewski :
- Laboratoire de paléoclimatologie et de climatologie :
- Département de géographie :
- Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA) :
