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Numéro d'automne — novembre 2000

La lutte contre le cancer ovarien — 30 ans de retard

En 1995, Corinne Boyer est décédée des suites d'un cancer ovarien. Elle avait 55 ans. Au Canada seulement, on diagnostique un cancer ovarien chez 2 500 femmes chaque année. Contrairement à d'autres types de cancer, celui-ci est très difficile à déceler vu l'absence de symptômes précoces. Quand une femme apprend qu'elle souffre d'un cancer ovarien, ses chances de survie sont très minces. Environ 1 500 Canadiennes succombent chaque année à cette terrible maladie.

Patrick Boyer, l'époux de Corinne Boyer, a créé un fonds en mémoire de sa femme qu'il a dédié à la lutte contre le cancer ovarien. Avant qu'un traitement ou une cure puisse être développé, cependant, il faut en savoir plus sur la ou les causes et la nature du cancer. L'Université d'Ottawa a été choisie pour administrer la Chaire de recherche Corinne Boyer sur le cancer ovarien. La première titulaire de celle-ci, Barbara Vanderhyden, explique « qu'elle [la Chaire] a été créée pour souligner le fait qu'il n'existe pas pour le moment de traitement efficace contre le cancer ovarien, que le pronostic de cinq ans que l'on donne aux femmes chez qui la maladie est diagnostiquée n'a pas changé en 30 ans, et que le nombre de scientifiques qui orientent leurs programmes de recherche spécifiquement vers l'étude de la biologie ovarienne et le cancer ovarien sont peu nombreux. » L'objectif de Vanderhyden est de « promouvoir le développement d'un programme de recherche intégré, innovateur et multidisciplinaire sur le cancer ovarien qui mettra l'emphase sur la pathogénie de ce type de cancer. Les résultats de ces études réalisées en collaboration pourront ensuite être traduits en stratégies de diagnostic et de thérapie pour les femmes atteintes d'un cancer ovarien. »

Vanderhyden a réalisé d'amples travaux de recherche sur l'appareil génital féminin avant d'assumer la direction de la Chaire de recherche. Ces antécédents jumelés au réseau de recherche qu'elle a constitué au Canada et aux États-Unis l'aideront à réaliser les objectifs qu'elle s'est fixés. Elle veut poursuivre le développement de la banque de tissus prélevés chez des patientes atteintes d'un cancer ovarien pour faciliter les études dans ce domaine. De plus, Vanderhyden souhaite ardemment créer une tribune propice à l'échange d'information entre collègues nord- américains et européens. Elle espère aussi constituer un réseau multidisciplinaire qui permettra de transposer rapidement le fruit des découvertes dans le secteur des sciences fondamentales en applications cliniques.

Vanderhyden croit qu'il est possible d'appliquer une partie des résultats de toute la recherche réalisée récemment sur le cancer, que ce soit au plan des thérapies géniques ou des thérapies virales, au traitement du cancer ovarien. Elle n'envisage pas de débuter à la case zéro mais plutôt de créer le cadre nécessaire et de procurer les perspectives pertinentes pour que les scientifiques dans toutes les disciplines partagent le fruit de leur travail, et de trouver les moyens de transformer cette information en traitements applicables. Bien que les scientifiques n'aient pas fait une grande priorité de la recherche sur le cancer ovarien, Vanderhyden croit que certains progrès importants en termes de diagnostic et de traitement de ce type de cancer peuvent être réalisés au cours des cinq prochaines années.

© Université d'Ottawa
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Dernières modifications : 2008.01.29