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Numéro d'été — août 1999

Nortel Networks et l'Université d'Ottawa — Créer ensemble de nouveaux débouchés

Claudine Simson est vice-présidente, Recherche en technologie et propriété intellectuelle à l'échelle mondiale chez Nortel Networks. Première femme au sein de l'organisation à faire partie de l'équipe des cadres dans le secteur de la technologie, Claudine respire la féminité et la classe. Elle est titulaire d'un doctorat en physique et de trois diplômes conférés à titre honorifique, dont un de l'Université d'Ottawa. À 12 ans, on l'inscrit dans une école fréquentée que par des garçons, sa carrière dans le secteur des sciences prend dès lors son envol. « Mes professeurs, à l'école des filles, avaient remarqué que j'étais douée pour les mathématiques, et comme notre école n'offrait pas de cours avancés dans cette matière, on m'a envoyée dans une école pour garçons », explique Simson. Elle a appris très tôt comment survivre et réussir dans un monde dominé par la gent masculine. Dans le monde des affaires en régime accéléré qu'est le nôtre, elle surprend souvent les gens avec qui elle fait connaissance — derrière ce visage attrayant et l'accent français qui ne manque pas de sex-appeal se profile une femme franchement brillante!

« les femmes représentent une réserve de personnel inexploitée, ce qui est encore plus flagrant vu l'actuelle pénurie de professionnels qualifiés dans le secteur de la haute technologie »

Nortel Networks est réputé pour soutenir les femmes dans des rôles non traditionnels. Nortel Networks a été la première compagnie au Canada, avec le concours du CRSNG, à intervenir en faveur de la création d'une Chaire nationale de recherche pour les femmes en sciences et en génie. La première titulaire de cette chaire a été Monique Frize, qui a pris la barre des opérations en 1989, quelques semaines avant le massacre de 14 étudiantes en génie à l'École polytechnique de Montréal. Le CRSNG a depuis créé cinq chaires régionales au Canada. Monique Frize, qui travaille aujourd'hui à l'Université d'Ottawa et à l'Université Carleton, est titulaire de la Chaire CRSNG-Nortel pour les femmes en sciences et en génie de l'Ontario. Celle-ci a pour mission de jeter un peu de lumière sur les raisons pour lesquelles les femmes hésitent à entreprendre une carrière en génie, et sur les changements qui s'imposent pour que le contraire se produise.

Il est très clair pour Nortel Networks, tout comme pour d'autres barons de l'industrie des télécommunications que « les femmes représentent une réserve de personnel inexploitée, ce qui est encore plus flagrant vu l'actuelle pénurie de professionnels qualifiés dans le secteur de la haute technologie », explique Simson. Pour aider à trouver des réponses aux questions que soulève la sous-représentation des femmes en sciences et en génie, Nortel Networks a financé deux études réalisées à l'Université d'Ottawa. La première, sous la gouverne de Gail Crombie de l'École de psychologie, se penche sur les différences entre les sexes dans les comportements et les inscriptions aux cours d'informatique au niveau secondaire, la deuxième, réalisée par Penelope Gurney de la Faculté d'éducation, explore les « visions nouvelles de l'informatique via l'analyse d'une classe d'étudiantes en informatique ». Aux fins des deux études, on a formé une classe en informatique composée uniquement d'étudiantes.

Les résultats obtenus démontrent que davantage de filles étaient intéressées à suivre un cours en informatique si la classe ne regroupait que des étudiantes. Au cours des trois dernières années, le nombre d'inscriptions chez les filles est passé de 10 % à 40 % chaque fois qu'un cours en informatique a été offert exclusivement à la population étudiante féminine. L'étude de Crombie suggère que les jeunes femmes dans une classe qui ne compte aucun étudiant de sexe masculin se sentent davantage soutenues par le professeur que celles inscrites dans une classe mixte. L'étude de Gurney révèle aussi que la méthode d'enseignement dans une classe composée d'étudiantes exclusivement a changé graduellement de sorte à favoriser davantage le travail de collaboration. « Dans l'ensemble, nos résultats démontrent que l'environnement d'une classe composée uniquement de filles suscite chez elles des attitudes plus positives face à l'informatique et aux activités para-informatique que celles observées chez les filles qui fréquentent une classe mixte », explique Crombie.

En dehors des initiatives liées à l'éducation, Nortel Networks investit essentiellement dans le programme régulier d'innovation et de développement de la technologie de l'information. Nortel Networks a entrepris nombre de projets avec des professeurs de l'École d'ingénierie et de technologie de l'information (ÉITI). Vu l'intégration des divers systèmes de communication, les compagnies comme Nortel Networks doivent trouver de multiples façons d'adapter les différents systèmes de sorte à créer une synergie fonctionnelle. Nortel Networks a pour collaborateur Gregor Bochmann, qui s'est donné comme objectif principal d'améliorer l'interaction entre les différentes composantes d'un système pour qu'en bout de ligne les usagers obtiennent un service de qualité voulue. Ces améliorations auront pour effet, entre autres, de faciliter la tenue d'activités comme la téléconférence via Internet. Un autre chercheur, Ahmed Karmouch, travaille dans le domaine des agents logiciels mobiles utiles aux applications et aux services de télécommunication. À l'aide d'outils de conception logicielle implantés sur des réseaux avec et sans câbles, Karmouch espère trouver des solutions aux difficultés observées dans divers secteurs de la manipulation de l'information. Les solutions à ces problèmes pourraient par exemple améliorer la cueillette et la récupération de données intelligentes sur Internet et faciliter le développement des services liés au commerce électronique.

L'École d'ingénierie et de technologie de l'information (ÉITI), dont les nouveaux bâtiment et laboratoires seront prêts en 2001, est « une des pierres d'ancrage de l'Université d'Ottawa, déclare Simson. Le fait de réunir toutes les disciplines liées à la TI dans un cadre unique est une excellente chose, l'ÉITI est en train de se bâtir une réputation et attire des membres du corps professoral tous plus brillants les uns que les autres » d'affirmer Simson. Simson était des commanditaires fondateurs de l'ÉITI et préside aujourd'hui les travaux du Conseil consultatif industriel affilié à l'École — qu'on donne enfin la possibilité à l'industrie de collaborer à l'établissement du programme de cours l'enchante. « Notre collaboration avec l'Université est bénéfique non seulement pour l'avancement de la recherche, mais aussi pour l'éducation. Les étudiants se trouvent mieux préparés pour le marché du travail quand ils terminent leurs études », dit-elle. Simson est membre également du Conseil consultatif de la recherche à l'Université d'Ottawa, un poste qui lui permet d'aiguillonner les projets de recherche d'une faculté à l'autre.

« Le fait de réunir toutes les disciplines liées à la TI dans un cadre unique est une excellente chose, l'ÉITI est en train de se bâtir une réputation et attire des membres du corps professoral tous plus brillants les uns que les autres »

L'agrandissement de l'ÉITI et la création de l'Institut de technologie de la capitale nationale (NCIT) fourniront une autre tribune à Nortel Networks pour investir de larges sommes dans l'infrastructure et la recherche. Nortel Networks et l'Université d'Ottawa concertent également leurs efforts dans le cadre du programme Accès aux perspectives d'avenir (APA), une initiative du gouvernement de l'Ontario visant à accroître le nombre de diplômés dans les programmes en haute demande comme ceux d'ingénierie et de science informatique. « Nortel Networks a joué un rôle dominant dans les efforts déployés pour convaincre le gouvernement de la nécessité d'investir d'importantes sommes dans la formation d'ingénieurs et d'informaticiens qualifiés. Nortel Networks est un ardent défenseur des intérêts de l'Université d'Ottawa, un partenaire privilégié aussi », explique Gilles Patry, vice-recteur aux études.

Quand vient le temps de choisir une université pour en faire son collaborateur, Nortel Networks mise sur le calibre du corps professoral et de l'institution, sa volonté de coopérer avec l'industrie, sa réputation à l'étranger et les débouchés qu'elle lui offre pour explorer de nouvelles technologies avant-gardistes. Les types de projets envisagés supposent de la recherche dans des secteurs où Nortel Networks soit ne dispose pas des ressources nécessaires, soit souhaite approfondir des questions dans l'environnement créateur propre aux universités. Nortel Networks investit 2,4 milliards $ par an dans la R et D à travers le monde, une fraction de cette somme étant consacrée aux projets en collaboration avec les universités. Quand on lui a demandé de décrire les rapports qu'entretient Nortel Networks avec l'Université d'Ottawa, Simson a répondu : « Nous devons à notre proximité l'intensité de notre partenariat. Nous nous rencontrons souvent aux réunions de divers comités sur la Colline, lors de séminaires ou de forums organisés dans la communauté. Ce sont toutes des occasions pour échanger des idées et de mieux se comprendre. Nos rapports sont florissants! »

© Université d'Ottawa
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Dernières modifications : 2008.01.29