Les retombées de la recherche: Commercialisation et transfert des connaissances — juin 2011
Des pratiques exemplaires pour de meilleurs soins de santé
Barbara Davies s’inspire de son passé d’infirmière pour enrichir ses recherches sur la santé des mères et des nourrissons.
par Matthew Bonsall
Les infirmières savent que le contact peau à peau entre une mère et son bébé dès la naissance apaise les pleurs, développe le lien d’attachement, garde le bébé au chaud et aide la mère à réussir l’allaitement. Barbara Davies et ses collègues veulent aider les infirmières à transmettre ces connaissances de façon régulière, afin de promouvoir l’allaitement. Leurs travaux constituent la dernière étape d’une série de projets menée par l’Unité de recherche sur les pratiques exemplaires en soins infirmiers (URPESI) de la Faculté des sciences de la santé, visant à développer et promouvoir les pratiques infirmières les plus efficaces possible. « Nous espérons qu’une approche uniforme basée sur les pratiques exemplaires aura pour effet d’augmenter le taux d’allaitement. Nous aidons les infirmières à identifier les désirs des femmes en matière d’allaitement », explique la chercheure. Elle codirige l’Unité de recherche, fruit d’une collaboration entre des chercheurs et professeurs de l’Université d’Ottawa et l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (AIIAO). L’Unité transmet les découvertes les plus récentes en soins infirmiers, en s’appuyant sur les meilleurs résultats de recherche à sa disposition. Elle encourage aussi la collaboration et le partage de connaissances avec différents décideurs et groupes sociaux au Canada et ailleurs dans le monde.
L’Hôpital Montfort à Ottawa est l’un des neuf sites ontariens faisant partie d’une étude menée en collaboration avec l’URPESI. L’un des sujets choisis pour l’étude à Montfort est la ligne directrice en matière d’allaitement de l’AIIAO à l’intention des infirmières. Les recherches visent à aider les hôpitaux du Canada (et d’ailleurs dans le monde) à soutenir l’Initiative Amis des bébés de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), un programme international lancé par l’OMS et l’UNICEF visant à implanter des pratiques qui protègent, encouragent et soutiennent l’allaitement, reconnu comme la meilleure façon de procurer aux bébés les nutriments dont ils ont besoin. L’OMS recommande un allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois et la poursuite de l’allaitement, avec l’ajout d’aliments complémentaires, jusqu’à l’âge de deux ans ou plus.
Pour ce projet, Barbara Davies s’est replongée dans son passé d’infirmière. Avant de se lancer dans une carrière en recherche, elle a travaillé comme infirmière au service de natalité du Women’s College Hospital de Toronto dans les années 1970.
Fidèles à l’esprit de collaboration qui caractérise les travaux de l’Unité, la professeure Davies et ses collègues laissent les infirmières et les autres professionnels de la santé exprimer leur propre vision, plutôt que d’essayer d’imposer des solutions. « Nous savons que les infirmières veulent apporter les meilleurs soins possible à chacun de leurs patients, alors nous commençons par leur demander ce qu’elles aimeraient améliorer », explique-t-elle. Au coeur du projet Montfort se trouve un comité de direction composé d’infirmières, de médecins, de consultantes en allaitement et de membres du personnel spécialisés en technologies de l'information (TI).
Plusieurs stratégies, élaborées à partir de données probantes, sont employées pour faciliter le transfert des connaissances par les infirmières et l’équipe multidisciplinaire du Centre familial de naissance de l’Hôpital Montfort. Ces stratégies incluent la création de procédures et de politiques propres à l’Unité, d’outils de documentation et de matériel éducatif pour les infirmières et leurs patientes. Pour s’assurer que les pratiques exemplaires seront adoptées à long terme, des méthodes d’évaluation sont conçues pour aider à suivre l’évolution des changements et mesurer l’impact des résultats sur les patientes.
L’étude permet aussi aux infirmières de donner leur avis sur des questions fondamentales, comme leur façon de consigner les soins. « Des infirmières travaillent de concert avec les spécialistes en technologies de l’information de l’hôpital pour créer de meilleurs systèmes de consignation au dossier », explique Barbara Davies. Échelonnée sur deux ans, l’étude de Montfort n’en est qu’à mi-parcours, et selon la professeure, il serait prématuré de crier victoire. Mais si l’on continue sur cette lancée, le succès est presque assuré. Au cours de l’exercice financier 2009-2010, l’Unité s’est engagée dans plus de 170 études auxquelles 10 universités et 52 membres (particuliers ou organisations) ont pris part.
Le monde entier reconnaît d’ailleurs les réalisations de l’Unité. La Honor Society of Nursing, Sigma Thata Tau International, a choisi l’URPESI et ses partenaires de l’AIIAO, et 21 autres organisations de soins de santé, pour partager le prix Practice Academe Innovation Collaboration. La Honor Society of Nursing est une communauté internationale d’infirmières et d’infirmiers provenant de 89 pays. Décerné l’automne dernier, le prix souligne la valeur et l’importance d’efforts conjoints entre la pratique infirmière et le monde universitaire, en vue d’améliorer la santé des gens à travers le monde.
Barbara Davies a aussi reçu le prix Distinguished Alumnus de la Faculté des soins infirmiers de l’Université de Toronto, ce printemps. Elle a été saluée pour sa contribution à la recherche fondamentale et clinique, et pour ses qualités de modèle face aux autres professionnels de la santé.
Le rôle primordial de Barbara Davies au sein de l’URPESI depuis sa création, il y a cinq ans, a permis à l’Unité de se tailler une place de choix dans l’univers des soins de santé. Il a aussi établi les bases de la prochaine étape dans l’évolution de l’Unité. « Cet automne, annonce-t-elle, nous allons faire une demande pour devenir un centre de recherche à part entière. »
