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Les retombées de la recherche: Commercialisation et transfert des connaissances — juin 2011

Le transfert de la technologie repose sur le facteur humain

Joe Irvine, directeur du bureau de Valorisation de la recherche et transfert de technologie, orchestre un vaste réseau de relations humaines pour mobiliser et commercialiser la recherche.

Joe Irvine, directeur du bureau de Valorisation de la recherche et transfert de technologie, peut citer d’impressionnants chiffres sur la valeur des contrats de recherche à l’Université d’Ottawa, mais à long terme, il privilégie l’établissement de liens entre les étudiants, les chercheurs et l’industrie.

Des fenêtres du bureau de Joe Irvine, à l’extrémité sud du campus de l’Université d’Ottawa, on aperçoit au loin les voitures filer sur la bretelle de sortie de l’autoroute 417, évoquant la technologie et le progrès. Mais plus près, tranchant sur cette scène, des étudiants sont assis en petits groupes, avec leurs portables, livres et rafraîchissements, discutant à voix basse de leurs travaux de cours, peut-être, ou de leurs projets au-delà de l’université.

En dépit de la complexité du travail de M. Irvine et de l’importance qu’y joue l’innovation, la scène plus tranquille et humaine est celle qui l’intéresse le plus. Il peut citer toutes sortes de données sur le rendement en lien avec ses fonctions de directeur du bureau de Valorisation de la recherche et transfert de technologie (VRTT), mais les relations humaines l’interpellent davantage que les chiffres.

« Le transfert de technologie le plus efficace se fait par l’entremise des étudiants », affirme-t-il, ajoutant que la responsabilisation de ceux-ci est un élément clé du mandat du VRTT et que, chaque année, l’Université d’Ottawa décerne des diplômes à 8 500 étudiants.

Joe Irvine est le contremaître, en quelque sorte, du VRTT et du Réseau de transfert de technologie d’Ottawa (RTTO), une organisation financée par le gouvernement provincial, dont le mandat est de relier divers bureaux universitaires de transfert de technologie afin d’accroître les retombées de la commercialisation de la recherche. Sa tâche, considérable, est d’orchestrer un vaste réseau humain de mobilisation et de commercialisation de la recherche.

À quel point ce réseau est-il vaste? En 2009-2010, le VRTT a administré plus de 525 ententes de projets de recherche et 27 millions de dollars en revenus de partenariats de recherche avec le gouvernement et l’industrie. Malgré la conjoncture économique difficile, les chiffres de 2010-2011 (inconnus au moment de mettre sous presse) seront du même ordre.

Au coeur du réseau de M. Irvine figurent les sept employés du VRTT, spécialisés en établissement de partenariats de recherche et en développement et commercialisation de technologies, qui travaillent en collaboration avec l’équipe de neuf personnes du RTTO, spécialisée en divulgation de découvertes, protection de la propriété intellectuelle et développement et commercialisation de technologies.

« Nous étudions les inventions pour en établir la brevetabilité et le potentiel commercial », explique-t-il.

Le nombre d’inventions augmente chaque année, mais le nombre de demandes de brevets diminue, passant d’un sommet de 60 à une vingtaine. Cette tendance s’explique par le coût des brevets et les types d’inventions divulguées.

De toutes les activités du VRTT et du RTTO, le soutien de la recherche sous contrat est la plus productive, représentant environ 25 % de la recherche menée à l’Université d’Ottawa, y compris dans les instituts de recherche affiliés (74 M$ de 273 M$ en 2010). La majorité de cette recherche n’est pas de nature technologique et quatre contrats sur cinq gérés par le VRTT sont avec le gouvernement.

Amener les intervenants à prendre conscience des capacités de leur réseau et de ce que représente une attente réaliste est une tâche perpétuelle pour Joe Irvine. Avec l’arrivée de 100 nouveaux chercheurs sur le campus annuellement et la mise sur pied continuelle de nouveaux programmes axés sur les étudiants, il s’agit d’un processus sans fin.

Les cas de réussite de jeunes entreprises comme Research In Motion (RIM) de l’Université de Waterloo font souvent les gros titres, mais il s’agit des exceptions qui confirment la règle, moins exaltante : un projet sur dix reçoit des investissements et la plupart des innovations financées mettent dix ans à se retrouver sur le marché.

« La probabilité d’être le prochain RIM est infime, soutient M. Irvine. Les relations avec l’industrie sont plus importantes que les réussites individuelles. »

Un élément central de cet engagement avec l’industrie, moins souvent à la une, c’est la préparation des étudiants en vue de l’entrepreneuriat et du marché du travail.

« Chaque année, la participation des étudiants à nos programmes augmente. » Le VRTT leur offre divers services, dont de la formation leur permettant d’acquérir des compétences professionnelles générales et d’améliorer leurs perspectives d’emploi. « Cela s’inscrit dans notre mandat – et fait partie de notre financement externe – de promotion de l’innovation et de l’entrepreneuriat. »

En 2008, le VRTT a mis sur pied Étudiants innovateurs, une activité de réseautage mettant les étudiants en contact avec des entrepreneurs, débutants et chevronnés, venus parler de leurs parcours et passions. Il s’agit aussi d’une occasion de promouvoir les concours d’innovation technologique pour étudiants, dont certains sont encadrés par le VRTT.

Le fait de disposer d’un ensemble complet de programmes et de services n’empêche pas M. Irvine de consolider les relations avec ses homologues d’autres universités. En avril, le RTTO a officialisé une entente avec PARTEQ (le bureau de valorisation de la recherche de l’Université Queen’s) pour former le Réseau pour la valorisation de la recherche de la Rideau.

Toute cette croissance est fort complexe, mais la formule de Joe Irvine pour bâtir des relations est toute simple : « C’est une question de pratique, dit-il en souriant. N’arrêtez pas de conclure des ententes et cultivez celles qui marchent. Elles prendront de l’élan et se développeront pour devenir des partenariats stratégiques dont toutes les parties tireront profit. »

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Dernières modifications : 2008.01.29